worriedaboutsatan – Time Lapse

Ce septième album de worriedaboutsatan, excellent projet du producteur anglais Gavin Miller bénéficie d’une plus forte exposition que ses précédents opus grâce à une signature sur le label n5MD, qui espérons, lui apportera une notoriété amplement méritée.
En un peu plus de 10 ans, worriedaboutsatan s’est inventé une signature sonore à la croisée de l’ambient, du post rock et de la deep techno. Principalement centrée sur des nappes de guitares, des synthétiseurs et boites à rythme, les longues compositions de l’artiste sont une invitation au voyage intérieur et à l’écoute immersive. Et ce nouvel album parvient encore plus que ses prédécesseurs à plonger l’auditeur dans son univers. A l’image du paysage forestier de sa pochette, ces productions invoquent une atmosphère sombre et solitaire marquée par des impulsions electroniques proches de l’univers des compositions mythiques de GAS.
Dans cet album sombre, à la charge émotionnelle puissante, Gavin Miller réussi à s’imposer comme l’un des producteurs de musiques électroniques, les plus intéressants du moment.

Tilman Robinson – CULTURECIDE

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L’artiste australien Tilman Robinson avait attiré l’attention de nombreux auditeurs lors de la sortie de son album Deer Heart en 2016. Il revient quatre ans après avec un nouvel album qu’il a pu tranquillement façonné, et dont la richesse des sonorités se fait sentir dès les premières secondes.

Dans la même veine cinématique que les travaux de Ben Frost ou Matthew Collings, CULTURECIDE se démarque, voire dépasse ces derniers grâce à la richesse de ses arrangements et à une approche plus organique de ses sonorités. Profondément ancré dans les problèmes contemporains, CULTURECIDE est un album conceptuel qui s’interroge sur la perte voire l’éradiquation des cultures mais aussi sur l’impact négatif que l’homme exerce sur son ecosystème. Sans donner de réponses à ces questionnements, ces thématiques se retrouvent dans l’ambience sombre du disque en constant équilibre entre beauté et chaos.
Les différentes couches sonores de synthétiseurs, machines de monitoring médicales, field recordings, d’instruments acoustiques et de voix sont elles-même remodelées électroniquement, contribuant à créer un magma sonore à la limite de l’explosion.
Toutes les tensions de l’album viennent s’estomper avec le morceau final magnifique et très orchestral « Hayek’s legacy (Instrumental) ».

Le label islandais Bedroom Community sort ici un nouveau trésor de sa déjà très riche discographie.

Glåsbird – Norskfjǫrðr

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Le projet Glåsbird instauré il y a un an par un artiste installé sur la scène ambient, a déjà à son actif 3 albums tous sortis sur le label Whitelabrecs. Chacun des albums puisent ses inspirations des territoires nordiques. Après le Groenland, et l’archipel Norvègien Svalbard, ce nouve disque se concentre sur le fjord Norskfjǫrðrde en Norvège. Les territoires dépeints ici sont un peu moins isolés que les précédents, la présence humaine  plus présente avec l’apparition de routes et d’habitations.

Sur cet album, l’on peut se projeter à l’intérieur d’une cabane traditionnelle norvégienne, de laquelle on discerne des bruits de craquements et éraflures provenant de l’extérieur. Des mélodies discrètes de piano et de cordes se font entendre sur l’ensemble du disque et viennent parfaitement équilibrer le fond sonore produit par les field recordings de l’artiste. C’est cette dimension plus brute et folk avec l’utilisation des cordes qui font de cet album une réussite, le rendant encore plus abouti que les deux précédents opus.

Un album ambient qui arrive à point nommé pour nous accompagner dans ces temps anxiogènes.

Best Albums of 2019

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Album of the Year:

William Ryan Fritch – Deceptive Cadence: Music for Film, Vol. 1 & 2 (Lost Tribe Sound) >> buy

Albums’ list:

William Ryan Fritch – Deceptive Cadence: Music for Film, Vol. 1 & 2 (Lost Tribe Sound) >> buy

Hammock – Silencia (Hammock Music) >> buy

Corey Fuller – Break (12k) >> buy

A Winged Victory for the Sullen – The Undivided Five (Ninja Tune) >> buy

Minor Pieces – The Heavy Steps of Dreaming (FatCat) >> buy

Mikael Lind – Contingencies (Archives) >> buy

Memory Drawings – Phantom Lights (Sound in Silence) >> buy

Anthéne – Weightless (Home Normal) >> buy

bvdub – Explosions in Slow Motion (n5md) >> buy

Glåsbird – Grønland (Whitelabrecs) >> buy

Kyle Bobby Dunn – From Here to Eternity (Dunn music) >> buy

Slow Meadow – Happy Occident (Hammock Music) >> buy

Celer – Xièxie (Celer) >> buy

Rafael Anton Irisarri – Solastalgia (Room 40) >> buy

Seabuckthorn – Crossing (Eilean) >> buy

Federico Mosconi – Light not Light (Shimmering Moods) >> buy

Ian Hawgood + Stijn Hüwels – No Voices (Home Normal) >> buy

Black To Comm – Seven Horses For Seven Kings (Thrill Jockey) >> buy

Machinefabriek – With Voices (Western Vinyl) >> buy

Telefon Tel Aviv – Dreams Are Not Enough (Ghostly International) >> buy

Fennesz – Agora (Touch) >> buy

Deaf Center – Low Distance (Sonic Pieces) >> buy

The Pirate Ship Quintet – Emitter (Denovali) >> buy

r beny – echo’s verse (Dauw) >> buy

Siavash Amini – Serus (Room 40) >> buy

Offthesky – Illuminate (Eilean) >> buy

Christopher  Tignor – A Light Below (Western Vinyl) >> buy

Porya Hatami, Roberto Attanasio, Aaron Martin – Sallaw (Dronarivm) >> buy

We Lost The Sea – Triumph & Disaster (Holy Roar) >> buy

Eluvium – Pianoworks (Temporary Residence) >> buy

Label of the Year : Eilean

Video of the year: The Comet is Coming – Summon the Fire (Impulse!)

THE COMET IS COMING ‘SUMMON THE FIRE’ (OFFICIAL VIDEO) from RUFFMERCY on Vimeo.

Memory Drawings – Phantom Lights

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Le groupe Memory Drawings sort ici un album court mais probablement un sommet de sa discographie. Centré autour du joueur de dulcimer Joel Hanson et du co-fondateur et guitariste de Hood – Richard Adams, le groupe avait initialement pressé ce disque en très faibles exemplaires et distribué uniquement lors de ses concerts. Le label grec Sound in Silence lui donne aujourd’hui une exposition méritée car en seulement 26 minutes, le groupe témoigne de son talent d’écriture musicale, gravitant aussi bien autour du post rock, que du folk ou de l’ambient. Le morceau – titre de l’album, est aussi le plus puissant et illustre parfaitement la grande inventivité du groupe soutenue par l’excellent jeu de batterie de Chris Cole (ancien des regrettés Movietone).

Richard Adams reprend le flambeau de Hood, dans l’ambiance générale de l’album, notamment sur le très beau the Final Curtain. Enfin, l’ex-chanteuse de Big Hat et habituée des albums du groupe, Yvonne Bruner, vient hanter de ses vocalises éthérées le morceau final Captivated.

Un des grands albums de 2019.

 

 

Jack Hyde – Lowlands

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Lowlands est le premier album de l’artiste britannique Jack Hyde. Il a précédemment sorties un ep digital avec les titres Heather et Ebb sur le label Past Inside the Present, qui ont constitué le point de départ de l’album présenté ici. Le britannique, étudiant en sound design, maîtrise clairement son sujet sur ce premier opus car même si l’album n’a pas été pensé dans un contexte précis, il arrive à créer une ambiance homogène parfaitement fluide. L’album oscille entre ambient, sampling, field recordings et dub et est largement inspiré par les différents enregistrements de field recordings amassés au court de voyages. Les différents enregistrements de nature constituent la force de l’album qui comme souvent dans la musique ambient permet à l’auditeur de parcourir un voyage statique.

Les fans de Segue, Pepo Galán et les amateurs des labels Archives et Rohs! records se doivent de prêter une oreille attentive à cet excellent album. Encore une très belle découverte de whitelabrecs.

 

Seabuckthorn – Crossing

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Sortie après sortie, le label Eilean semble pousser les artistes qui y contribuent, à produire à la fois le meilleur d’eux-même et leur productions les plus singulières. C’est ce que l’on retrouve aujourd’hui avec ce nouvel et huitième album de l’anglais Andy Cartwright.
Cet album généreux par sa longueur (54 minutes), et sa densité, est principalement composé avec une guitare à résonateur. Plus qu’un album solo de guitare, Seabuckthorn dépasse les limites de son instruments le long de ces 14 morceaux sombres et habités. L’utilisation éparse de banjo, percussion et surtout de clarinette viennent apporter de nouvelles variations singulières aux morceaux. A la fois drone, ambient ou blues, la musique de l’anglais défie les genres et les clichés pour se forger sa propre trajectoire fascinante et changeante. Catwright développe une parfaite maîtrise de l’espace dans ces productions à la fois rêveuses et viscérales.
Tout simplement, un des albums de l’année.