Bill Seaman – (f) noir

Bill Seaman F Noir

L’américain Bill Seaman est surtout connu en tant que media artist et pour ses multiples installations exposées à travers le monde. Sa carrière musicale n’est pourtant pas à ignorer-celui-ci a sorti de beaux album sur le très exigeant label de Craig Tattersall, Cotton Goods, et un projet monumental avec ce même Tattersall sur Facture.
J’écoute de moins en moins de nouveautés ces temps ci, d’ou ma rareté de publication, mais ce (f) noir mérite d’être promu sur la toile.
Je voulais d’abord signaler que (f) noir était mon meilleur disque ambient de cette année. Comme tout bon album de ce genre, l’album s’écoute d’une seule traite et s’apprécie à force d’écoutes prolongées. La voix douce de Marissa Katarina Bergmann, marque d’emblée l’ambiance douce et calme qui prévaut sur le disque. Après quelques titres, les violons, violoncelles et surtout la trompette font leur apparition pour faire apparaitre des tensions jusqu’alors absentes sur l’album. L’utilisation de la trompette (qui est en fait samplée, comme la pluspart des instruments présents) très peu croisée dans l’ambient constitue une des forces de l’album qui se crée sa propre géographie musicale.
Il faut ici mentionner le superbe travail de mastering, et d’artwork de Mathias Van Eecloo, qui avec son label Eilean est en voie de devenir le label le plus essentiel des musiques expérimentales.

Best 30 albums of 2014

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Otto A Totland – Pinô (Sonic Pieces)

Ian William Craig – A Turn of Breath (Recital)

Fennesz – Bécs (Editions Mego)

Grouper – Ruins (Kranky)

Gabriel Saloman – Movement Building Vol.1 (Shelter Press)

Black Vines – st (Fluid Audio)

Hiss Tracts – Shortwave Nights (Constellation)

Kyle Bobby Dunn – Kyle Bobby Dunn and the Infinite Sadness (Students of Decay)

Swans – To Be Kind (Mute)

Timber Timbre – Hot Dreams (Arts & Crafts)

Lawrence English – Wilderness Of Mirrors (Room 40)

Maxwell August Croy and Sean McCann – I (Students of Decay)

SAÅAD – Deep/Float (Hands in the Dark)

Porya Hatami – Arrivals And Departures (Time Released Sound)

Segue – The Here and Now (SEM)

Hildur Gudnadottir – Saman (Touch)

Shivers – Shivers (Miasmah)

David Andree + Josh Mason – Call, Response (Own)

Rivulets – Stars In Aspic(self released)

Aaron Martin – Comet’s Coma (Eilean)

Mike Weiss – Don’t Know Just Walk (Type)

Alex Cobb – Marigold and Cable (Shelter Press)

Memory Drawings – There is No Perfect Place (Hibernate)

Jenny Hval & Susanna – Meshes of Voice (SusannaSonata)

36 – Dream Tempest (3six recordings)

Christina Vantzou – no. 2 (Kranky)

Locust – After the Rain (Editions Mego)

Stefano Guzzetti – At Home – Piano Book (Volume One) (Home Normal)

Death Blues- Ensemble (Rhythmplex)

bvdub – A History of Distance (n5md)

Secret Pyramid – The Silent March

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Movement of Nights, le permier LP de Secret Pyramid, projet du canadien Amir Abbey, faisait parti de mon top albums de l’an dernier. Et je partage le même engouement pour The Silent March, qui peut s’aborder comme un parfait compagnon de Movement of Nights. Initialement sorti en cassette sur le micro label Canadien Nice-Up International, the Silent March est un album dense et très cohérent. A mi-chemin entre drone ambient et musique psyché, les 7 pièces qui composent cet album sont toutes excellentes, et ne demandent qu’à être réécoutées. Le son de Secret Pyramid a été comparé à celui de Popol Vuh et en effet la beauté sombre de ses titres n’est souvent pas très loin du grand « Aguirre » du groupe allemand.
L’album bénéficie d’une double sortie, vous pouvez l’obtenir soit en LP, soit en double cd (accompagné de Movements of Night). Merci à Alex Cobb pour toutes ces sorties discographiques impeccables.

Gabriel Saloman – Movement Building Vol.1

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Après deux très beaux albums sortis sur Miasmah, Gabriel Saloman revient avec Movement Building Vol.1, un LP édité sur label de Bartolomé Sanson et Félicia Atkinson : Shelter Press . A l’origine composé pour un spectacle de danse de Daisy Karen Thompson, l’album se compose de deux longues formes de 17 minutes. Sur ces deux morceaux, Saloman continue à creuser ses compositions dark ambient, en faisant preuve d’une maitrise parfaite. J’ai une petite préférence pour le deuxième mouvement avec ses plaintes de guitares qui semblent s’étirer à l’infini. Shelter Press prévoit d’éditer un second LP, suivi d’un cd qui rassemblera les 2 volumes de l’artiste.

Ian William Craig – A Turn of Breath

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Entre musique chorale et ambient Ian William Craig sort un album d’une rare beauté chez Recital.
Chanteur d’opéra de formation, le canadien Ian WIlliam Craig avait déjà sorti de très bons EP et albums en digital. Le très bon label de Sean McCann nous permet aujourd’hui d’écouter sa musique en format vinyle, permettant ainsi de l’apprécier à sa juste valeur.
La musique de Craig largement centrée sur la manipulation de bandes magnétiques et sur sa voix, est pleine de contrastes et purement émotionnelle. Sur l’ensemble des 12 pièces que compte l’album, machines et voix se mêlent pour former un son à la fois brut, minimal et parfaitement maitrisé.
Le LP est édité à 500 exemplaires, dont une édition deluxe malheureusement épuisée.

Mike Weis – Don’t Know, Just Walk

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Mike Weis, membre de nombreuses formations, dont les excellents Zelienople, sort un deuxième LP solo sur Type, label de John Twells. Cet album a été conçu pendant une période très difficile de Mike Weis : il a été diagnostiqué d’un cancer de la prostate fin 2012. C’est durant l’année 2013 marquée par un traitement lourd et douloureux, que l’artiste a adopté une pratique bouddhiste zen, qui l’a aussi bien libéré personnellement qu’artistiquement.
Le titre du disque Don’t Know Just Walk, est justement emprunté d’une méthode de méditation bouddhiste coréenne, qui vise à se détacher de tout dogmes et préjugés personnels pour avancer le plus simplement possible. Et à l’écoute du disque, on trouve inévitablement une grande liberté et originalité dans les instrumentations et rythmiques employées par Mike Weis – dont les percussions traditionnelles coréennes. A la fois emprunt de sonorités occidentales, et orientales, l’album est un ovni dans la musique expérimentale contemporaine.
Loin des projets Zelienople, Kwaidan, ou Good Stuff House, Mike Weis trace une carrière solo exceptionnelle et produit un des meilleurs albums de l’année 2014.
Et cette sortie, marque pour moi un vrai renouveau dans la direction artistique de Type, dont je m’étais détaché ces derniers temps.