Giulio Fagiolini – Dietro a un vetro

La musique néoclassique ou modern classic – appelez-la comme vous voulez – a le vent en poupe ces derniers temps, et même si j’écoute beaucoup d’albums de piano solo, il m’est de plus en plus rare de trouver une musique qui m’émeuve et me touche plus au cœur que celle de Giulio Fagiolini.
Étrangement, il s’agit d’un premier album, qui m’a été conseillé par Ian Hawgood, très respectueux responsable du label Home Normal.  Le label nous a déjà initié à l’oeuvre de l’artiste classique contemporain italien Stefano Guzzetti, dont la musique ne m’a jamais quittée depuis. Et aujourd’hui, c’est encore grâce à ce label que nous avons la joie de découvrir les compositions de Giulio Fagiolini.
Bien qu’étant techniquement excellent dans la pratique de son instrument, l’italien choisit de se concentrer ici sur la simplicité de ses accords et de son jeu. Il construit une musique minimaliste, finalement très proche des concepts du label, chargée d’émotions. On ne distingue pas clairement les intentions que Fagiolini souhaite donner à ses compositions, l’artiste préférant aborder une approche simple et directe à sa musique.
Venant de passer un long séjour en Italie, durant lequel j’ai notamment écouté les disques de Stefano Guzzetti, c’est avec bonheur qu’à mon retour je puisse découvrir cette musique touchante d’un nouveau représentant de la musique instrumentale italienne.

N’hésitez pas également à écouter l’excellent nouvel album de Jason van Wyk, à paraître sur le label.

 

Sophie Hutchings – Yonder

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La pianiste Sophie Hutchings continue de nous étonner année après année en sortant des disques indispensables.  Ses 3 albums parus sur Preservation figuraient tous parmi mes favoris de musique « modern classical » et ce Yonder vient à nouveau placer la barre très haute. Hébergée pour celui-ci sur l’excellent label 1631, l’artiste accouche de 6 compositions à la beauté fulgurante plus apaisées et rayonnantes que sur ses précédents efforts.  Bien que le piano soit au centre de chaque morceau, la présence de cordes vient ajouter une puissance supplémentaire aux sublimes mélodies développées par l’australienne.
Un sommet de l’année 2017.

 

 

Video : Oliver Alary – Autodrome

Ce titre est extrait de l’album Fiction / Non-Fiction qui vient de sortir sur 130701. L’album est une compilation de morceaux composés pour des films et documentaires, mais garde une belle cohérence. Ce morceau provient de la bande original du film canadien « Jo pour Jonathan » du réalisateur Maxime Giroux.

James Murray – Killing Ghosts

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Avec une discographie déjà bien étoffée parue sur les labels Voxxov, Ultimae, Eilean ou sur son propre label Slowcraft, l’anglais James Murray présente son nouvel opus sur le label d’Ian Hawgood – Home Normal.
Et l’on peut d’ores et déjà annoncer que ce dernier est un sommet de l’œuvre de l’artiste, en plus de devenir l’un des albums de référence d’Home Normal, qui ne manque pourtant pas de bijoux sur son catalogue. James Murray, déjà réputé pour son ambient minimaliste taillée au scalpel, ajoute sur Killing Ghosts une dimension sonique encore plus profonde et maitrisée. Du morceau introductif Footsteps, mélodique et rythmé, aux abstractions électroniques du titre final  Living Ghosts, l’auditeur traverse la palette d’émotions développées par les machines et instruments de l’anglais.
Il est certain que tout comme moi, les amateurs de voyages sonores chercheront à se replonger pendant de nombreuses années, dans celui que vient de nous proposer l’artiste.

 

 

Best albums of 2016

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Western Skies Motel – Settlers (Lost Tribe Sound)
Jóhann Jóhannsson – Orphée (Deutsche Grammophon)
Ceeys – The Grunewald Church Sessions (1631)
Ian William Craig – Centres  (130701)
Willamette – Diminished Composition (Scissor Tail Editions)
Colin Stetson – Sorrow (52Hz)
Aaron Martin & Leonardo Rosado  – In the dead of night when everyone is asleep (Fluid Audio)
glacis – love, if you love me, lie beside me now (TVEI)
Antonymes – (For now we see) through a glass deamly (Hidden Shoal recordings)
Julien Marchal -Insight II (1631 Recordings)
Jenny Hval- Blood Bitch (Sacred Bones)
Offthesky – Silent went the sea (Eilean)
Library Tapes – Feathers (1631 Recordings)
Stefano Guzzetti – Leaf (Home Normal)
Dead Light – Dead Light (Village Green)
Peter Broderick – Partners (Erased Tapes)
Sophie Hutchings -Wide Asleep (Preservation)
Talons’ – Work Stories (self released)
Julianna Barwick – Will (Dead Oceans)
Richard J. Birkin – Vigils (Reveal Records)
Benoît Pioulard – The Benoît Pioulard Listening Matter (Kranky)
Tambour – Chapitre II (Moderna)
Jason Van Wyk – Attachment (Eilean)
Vitaly Beskrovny – Imperfect  (Preserved Sound)
Cyril Secq / Orla Wren – Branches (Dronarivm)
M. Ostermeier – Tiny Birds (Home Normal)
Matt Christensen – Honeymoons (Miasmah)
Ben Lukas Boysen – Spells (Erased Tapes)
Eluvium – False Readings On (Temporary Residence)
Ólafur Arnalds – Island Songs (Mercury Classics)

 

Western Skies Motel – Settlers

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Le danois René Gonzàlez Schelbeck s’éloigne du drone ambient entendu sur ses premiers opus sous l’alias Western Skies Motel ( Buried and Resurfaced, Prism) au profit d’un album plus mélodique, et sur lequel la guitare acoustique joue un rôle prépondérant.
Le compositeur trouve pour cet opus refuge sur l’excellent label de Ryan Keane-Lost Tribe Sound- et décide de se plonger dans le passé difficile des premiers colons du Midwest américain. La dimension cinématographie créée par Schelbeck, parvient avec brio à retranscrire l’environnement aride de ces États américains. Sa parfaite maitrise du finger-picking, et son utilisation de l’harmonium sur un grand nombre de titres, vient ajouter une teinte vintage à l’album; une ambition qui se retrouve bien sûr aussi, dans le design de Ryan Keane.
Un album hors d’âge, qui devrait nous accompagner très longtemps.
Settlers a été de plus agrémenté par l’EP « Generations », qui constitue un prolongement intéressant à cet album.
Le mastering du disque, disponible en cd et vinyl est aussi à relever, puisque confié à l’inévitable Taylor Deupree.

 

 

Vitaly Beskrovny – Imperfect

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Avec Imperfect, l’Ukrainien Vitaly Beskrovny signe un album d’une grande beauté, marqué par sa sincérité d’exécution. En enregistrant l’ensemble des morceaux en une seule prise, l’artiste a souhaité s’affranchir de toute fioriture pour ne conserver que l’essentiel : la simplicité des émotions produites par ses mélodies de piano. Le violoncelle fait son apparition sur une poignée de morceaux, tel que sur l’excellent titre d’ouverture Trust, puis laisse place aux seules sonorités du piano de Beskrovny, qui nous font voyager dans notre univers intérieur. C’est de cette idée d’imperfection – de la musique, des choses, des êtres – que naît toute la beauté de cet album.
L’album est édité par le label polonais Preserved Sound.