Sophie Hutchings – Yonder

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La pianiste Sophie Hutchings continue de nous étonner année après année en sortant des disques indispensables.  Ses 3 albums parus sur Preservation figuraient tous parmi mes favoris de musique « modern classical » et ce Yonder vient à nouveau placer la barre très haute. Hébergée pour celui-ci sur l’excellent label 1631, l’artiste accouche de 6 compositions à la beauté fulgurante plus apaisées et rayonnantes que sur ses précédents efforts.  Bien que le piano soit au centre de chaque morceau, la présence de cordes vient ajouter une puissance supplémentaire aux sublimes mélodies développées par l’australienne.
Un sommet de l’année 2017.

 

 

Video : Oliver Alary – Autodrome

Ce titre est extrait de l’album Fiction / Non-Fiction qui vient de sortir sur 130701. L’album est une compilation de morceaux composés pour des films et documentaires, mais garde une belle cohérence. Ce morceau provient de la bande original du film canadien « Jo pour Jonathan » du réalisateur Maxime Giroux.

James Murray – Killing Ghosts

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Avec une discographie déjà bien étoffée parue sur les labels Voxxov, Ultimae, Eilean ou sur son propre label Slowcraft, l’anglais James Murray présente son nouvel opus sur le label d’Ian Hawgood – Home Normal.
Et l’on peut d’ores et déjà annoncer que ce dernier est un sommet de l’œuvre de l’artiste, en plus de devenir l’un des albums de référence d’Home Normal, qui ne manque pourtant pas de bijoux sur son catalogue. James Murray, déjà réputé pour son ambient minimaliste taillée au scalpel, ajoute sur Killing Ghosts une dimension sonique encore plus profonde et maitrisée. Du morceau introductif Footsteps, mélodique et rythmé, aux abstractions électroniques du titre final  Living Ghosts, l’auditeur traverse la palette d’émotions développées par les machines et instruments de l’anglais.
Il est certain que tout comme moi, les amateurs de voyages sonores chercheront à se replonger pendant de nombreuses années, dans celui que vient de nous proposer l’artiste.

 

 

Western Skies Motel – Settlers

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Le danois René Gonzàlez Schelbeck s’éloigne du drone ambient entendu sur ses premiers opus sous l’alias Western Skies Motel ( Buried and Resurfaced, Prism) au profit d’un album plus mélodique, et sur lequel la guitare acoustique joue un rôle prépondérant.
Le compositeur trouve pour cet opus refuge sur l’excellent label de Ryan Keane-Lost Tribe Sound- et décide de se plonger dans le passé difficile des premiers colons du Midwest américain. La dimension cinématographie créée par Schelbeck, parvient avec brio à retranscrire l’environnement aride de ces États américains. Sa parfaite maitrise du finger-picking, et son utilisation de l’harmonium sur un grand nombre de titres, vient ajouter une teinte vintage à l’album; une ambition qui se retrouve bien sûr aussi, dans le design de Ryan Keane.
Un album hors d’âge, qui devrait nous accompagner très longtemps.
Settlers a été de plus agrémenté par l’EP « Generations », qui constitue un prolongement intéressant à cet album.
Le mastering du disque, disponible en cd et vinyl est aussi à relever, puisque confié à l’inévitable Taylor Deupree.

 

 

Willamette – Diminished Composition

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Contrairement à nombre de ses contemporains évoluant dans les musiques expérimentales, le trio Willamette est peu prolifique. En 5 ans, le groupe composé de Joseph Yonker et des frères Davin et Kevin Chong a produit 3 albums, préférant la qualité à la quantité : les somptueux Echo Park (2011, Infraction), Always in Postscript (2012, Own), et aujourd’hui Diminished Composition (Scissor Tail).
Les textures riches, les timbres apaisant de ces morceaux nous plongent dans un univers rêveur et cinématographique, assez proche de celui des cultes Stars of the Lid, ou encore de Kyle Bobby Dunn.
Les 9 titres qui composent Diminished Composition démontrent l’approche sereine et maitrisée des compositions du trio. La faible longueur des morceaux (n’excédant jamais les 5 minutes) ajoute encore une dimension intéressante à ce disque, chaudement recommandé.

Bill Seaman – (f) noir

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L’américain Bill Seaman est surtout connu en tant que media artist et pour ses multiples installations exposées à travers le monde. Sa carrière musicale n’est pourtant pas à ignorer-celui-ci a sorti de beaux album sur le très exigeant label de Craig Tattersall, Cotton Goods, et un projet monumental avec ce même Tattersall sur Facture.
J’écoute de moins en moins de nouveautés ces temps ci, d’ou ma rareté de publication, mais ce (f) noir mérite d’être promu sur la toile.
Je voulais d’abord signaler que (f) noir était mon meilleur disque ambient de cette année. Comme tout bon album de ce genre, l’album s’écoute d’une seule traite et s’apprécie à force d’écoutes prolongées. La voix douce de Marissa Katarina Bergmann, marque d’emblée l’ambiance douce et calme qui prévaut sur le disque. Après quelques titres, les violons, violoncelles et surtout la trompette font leur apparition pour faire apparaitre des tensions jusqu’alors absentes sur l’album. L’utilisation de la trompette (qui est en fait samplée, comme la pluspart des instruments présents) très peu croisée dans l’ambient constitue une des forces de l’album qui se crée sa propre géographie musicale.
Il faut ici mentionner le superbe travail de mastering, et d’artwork de Mathias Van Eecloo, qui avec son label Eilean est en voie de devenir le label le plus essentiel des musiques expérimentales.

Secret Pyramid – The Silent March

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Movement of Nights, le permier LP de Secret Pyramid, projet du canadien Amir Abbey, faisait parti de mon top albums de l’an dernier. Et je partage le même engouement pour The Silent March, qui peut s’aborder comme un parfait compagnon de Movement of Nights. Initialement sorti en cassette sur le micro label Canadien Nice-Up International, the Silent March est un album dense et très cohérent. A mi-chemin entre drone ambient et musique psyché, les 7 pièces qui composent cet album sont toutes excellentes, et ne demandent qu’à être réécoutées. Le son de Secret Pyramid a été comparé à celui de Popol Vuh et en effet la beauté sombre de ses titres n’est souvent pas très loin du grand « Aguirre » du groupe allemand.
L’album bénéficie d’une double sortie, vous pouvez l’obtenir soit en LP, soit en double cd (accompagné de Movements of Night). Merci à Alex Cobb pour toutes ces sorties discographiques impeccables.